Janvier 2026

Janvier démarre avec l’envie d’aller plus loin. Je fabrique le pantalon off-white en gabardine pour créer un ensemble monochrome avec la veste losange. Le fil arrive du Japon. Les boutons aussi. Je pose les boutonnières à la main. Le geste n’est pas encore sûr. Il faudra du temps pour l’améliorer. Mais l’ensemble existe.
Je reçois aussi une nouvelle commande de tissus. Un jacquard jaune. Un lainage bleu. Une fois l’ensemble blanc terminé, j’attaque directement le bleu. Le tissu est glissant. Je perds beaucoup de temps. Trop. Je décide de mettre cette tenue en pause pour ne pas pénaliser le reste du projet.
La collection Barco approche. Je n’ai toujours pas produit de contenu pour l’ensemble losange off-white. Ma bibliothèque de contenu se vide. La pression monte. Il devient urgent de produire.

Début janvier, les cours commencent. Le planning déjà chargé se tend encore. J’apprends beaucoup. Les intervenants ne donnent pas de méthode miracle. Ils apprennent surtout à trouver sa propre manière.
Je comprends quelque chose d’important. Mon contenu plaît, les chiffres le montrent, l’engagement est bon. Mais ça ne convertit pas. Il manque de la profondeur. Une raison de suivre. Une compréhension claire de ce que je fais et pourquoi je le fais.
Les stories Origine et le Journal SLVF apparaissent comme une réponse. Ce n’est pas naturel pour moi. Montrer mon intimité. Ma manière d’être. Je préfère rester caché. J’essaie quand même. Je commence des photos split pour m’habituer à me montrer. C’est difficile.
Un shooting est prévu pour Chab’Lab dans le parking souterrain repéré précédemment. J’en profite pour faire des essais avec la tenue losange off-white. Le timing est serré. Le fil japonais arrive la veille. J’apprends les boutonnières l’après-midi. Je les fabrique le soir. Je termine le matin du shooting. C’est juste.
Le rendu photo n’est pas bon. Je n’ai pas pris le temps. Ça se voit. Je sais qu’il faudra autre chose.
Après un cours sur le brand content, une idée apparaît. Un shooting au bord du lac. Cette fois, je prendrai le temps.

En parallèle, je reçois une mise en demeure des impôts. J’ignorais qu’il fallait créer un espace professionnel. Après l’INPI, l’URSSAF, l’INSEE, la sanction tombe vite. La menace d’une grosse amende est là. C’est rageant. Tout va trop vite.
Le site web, lui, sort enfin de terre. On termine tard le soir avec Clément. Codage. Pages. Articles. J’apprends encore de nouveaux logiciels pour harmoniser l’ensemble. ChatGPT m’aide à coder certaines données du journal. À mon échelle, ça me fait gagner un temps précieux. Je n’ai pas les moyens de déléguer. Je ne vends pas encore. Je ne me verse aucun salaire.
Je vais à Lyon récupérer les prototypes de la première collection chez mon fabricant. Voir les croquis, les fiches techniques et la modélisation devenir réels, dans les tissus choisis, est un moment fort.
Fragment était une fabrication personnelle. Avec mes moyens. Mes compétences. Pour me faire connaître. La suite est produite par des professionnels. Avec de vraies machines.
Je les remercie. C’est un atelier à taille humaine, attentif aux petits créateurs. Ils ont des attentes. Il faut être réglo. Ne pas passer pour un amateur.
Tout s’emballe. Les journées sont intenses. Je suis épuisé. Je reprends mon organisation. Je redéfinis les priorités. La suite se prépare.
Jérémy
