
Mars commence avec une forme d’anticipation. Je lance les commandes pour le packaging afin d’être prêt, quoi qu’il arrive. Une bonne décision, finalement, car l’un des fournisseurs fait une erreur importante d’impression. Il faut corriger, relancer, ajuster. En parallèle, je reçois tout le reste : cartons, boîtes, scotch, étiquettes, papier de soie. L’équivalent d’une palette entière à faire rentrer dans mon appartement, qui se remplit rapidement.
Je retourne aussi dans le lieu prestigieux repéré quelques semaines plus tôt pour faire mon repérage et imaginer le shooting. Les possibilités sont nombreuses et j’imagine déjà un shooting plus ambitieux, presque comme une villa habitée. Tout semble prêt pour aller plus loin, mais ce projet reste encore en attente.
À quelques jours du shooting principal pour la collection, je n’ai toujours aucune réponse du côté des bateaux. Malgré les relances, rien ne bouge. Le stress monte rapidement, surtout sans solution de repli. Finalement, une autorisation arrive au dernier moment. Le shooting peut avoir lieu.

Sur place, les conditions ne sont pas celles que j’avais imaginées. Le soleil est très fort, plus que lors du précédent shooting, et le positionnement du bateau ne m’aide pas. Je n’arrive pas à produire les images que j’avais en tête. Sur le moment, je sens que ça m’échappe. Ce contenu est censé porter la collection. Je panique intérieurement.
La veille du shooting, mon MacBook me lâche. Je dois basculer sur mon iPad et improviser. Comme je ne suis pas encore totalement à l’aise en photographie, le tethering m’est indispensable pour vérifier mes images. Travailler sans mes outils habituels ajoute une pression supplémentaire.
Heureusement, Antho mon modèle est toujours présent. Disponible, fiable, impliqué. Sa présence m’aide à rester concentré malgré les imprévus.
Les jours suivants sont entièrement consacrés à la post-production. Retouches, montage, déclinaisons pour tous les formats. Presque quatre jours de travail pour produire le contenu des 8 prochaines semaines. Mais globalement je reste déçu du résultat final.

Grâce à l’école, j’échange avec un formateur spécialisé en Meta Ads. Il m’aide à ajuster ma campagne : budget, durée, ciblage. Je réalise que je suis en retard sur la préchauffe de l’audience. Les journées passent trop vite.
Avec Clément, on finalise le site web. Tests de commande, panier, fiches produits. On ajuste sans cesse, certaines décisions ne tiennent plus.
Je réalise aussi le shooting packaging et les packshots chez moi. L’installation est lourde, l’espace limité. La boîte réfléchit trop la lumière, le vêtement bouge, les prises sont instables. Quatre heures pour cinq images. Le résultat reste en dessous de ce que j’attends.
La question de la couleur devient essentielle en retouche. Je veux éviter tout écart avec la réalité. L’expérience client se joue aussi là. Je découvre la médiation, obligatoire en e-commerce. Un système flou, coûteux, difficile à comprendre.
La campagne est finalement lancée. Je n’ai aucune certitude sur ce qui va se passer. Après trois ans de travail, tout va se jouer maintenant.
Jérémy
