Zéro vente. Deux ans de travail. Quelques centaines d’euros partis en publicité. Avril a tout remis en question – et c’est peut-être le mois le plus utile depuis le début.

Le casino d’Evian en feu le 1er Avril
Le lancement
Avril commence dans l’urgence. Quelques heures avant le lancement de la campagne publicitaire, Meta décide de bloquer mon compte. Vérifications d’identité qui ne fonctionnent pas, délais, panique. Ça tombe maintenant, évidemment. Une fois le compte débloqué, je découvre ce que veut dire “pixel”. Pour ceux qui ne connaissent pas — moi le premier — c’est un outil qui relie le site web à Meta pour qu’ils s’échangent des informations : ce que fait le client une fois sur le site, s’il achète, s’il ajoute au panier. En théorie simple. En pratique, je suis le genre de personne qui galérait à installer un pilote d’imprimante. Me retrouver à bidouiller un site e-commerce et paramétrer un pixel, c’est un autre niveau de calvaire. Une journée entière perdue pour tout mettre en ordre. La campagne finit par se lancer.
Et puis rien. Pas de vente le premier jour. Ni le deuxième. Ni le troisième.
Un bon trafic sur le site pourtant. Les publicités fonctionnent, le taux de clic est intéressant, le temps passé sur le site aussi. Mais zéro ajout au panier. Quelque chose cloche. J’analyse, je retourne les stats dans tous les sens. Au bout de quelques jours je stoppe une des deux campagnes. Puis toutes, pour sauver ce qui peut encore l’être.
Le bilan est dur. Zéro vente. Deux ans de travail et rien dans la caisse. Plusieurs centaines d’euros partis en publicité. Il est l’heure de faire une vraie remise en question. En épluchant les statistiques et en contactant certaines personnes, je finis par identifier le problème — celui que je pense, du moins. Mon système de précommande était trop flou. Les gens étaient attirés, les chiffres le prouvent, mais pas suffisamment en confiance pour passer à l’achat. Trop d’incertitude, pas assez de clarté sur ce qu’ils allaient recevoir et quand.

Moi aussi j’attends la première commande
La remise à zéro
Je reprends le site à zéro. Nouvelle maquette, refonte complète. Clément est là, encore une fois — merci à lui. On repart sur une base claire : du stock, pas de précommande floue. La production de Vela est lancée, l’acompte est payé, l’atelier est dans les temps. Début mai j’aurai toute la marchandise. Avril réservait d’autres mauvaises nouvelles.
Il y a quelques mois j’avais repéré un lieu pour un shooting ambitieux : le Casino d’Évian. Repérage effectué, date planifiée, storyboards travaillés. Un incendie a tout ravagé. Je dois reprendre mes projets de shooting à zéro eux aussi. À force de chercher des lieux de substitution, une évidence finit par s’imposer : ma direction artistique c’est le lac. Pourquoi chercher loin ?
Je lance aussi une bouteille à la mer pour un espace intérieur. Une photographe me contacte et me propose d’utiliser son installation — fond neutre, bonne lumière. Je lui en suis vraiment reconnaissant. Les photos produit vont enfin pouvoir être ce qu’elles auraient dû être dès le début. Le prochain shooting se dessine différemment. Nouveau modèle : Andgel. Photographe pro : Océane. Deux membres de Chab’Lab que je connais bien. L’idée c’est de déléguer pour mieux se concentrer, faire moins mais faire mieux. Quelques plans au drone pour l’ouverture du réel. Les storyboard avancent.

Façade d’un bâtiment d’Evian
On reconstruit
J’ouvre les commandes à d’autres pays européens pour maximiser les chances. Formulaires de douane, options de livraison, réglementations. L’administration reste ma passion. Petite anecdote : expédier un colis aux Pays-Bas coûte moins cher pour une entreprise qu’expédier en France à 20 kilomètres. Oui oui. Je lance le Pinterest SLVF. Un réseau de plus à alimenter. En plus du 9:16 et du 4:5, il faut maintenant recadrer en 2:3. Bienvenue.
Je commence aussi à réfléchir à ce que j’appelle le plan “exit USA”. Quand on monte une entreprise, on réalise à quel point tout repose sur des services américains : mail, cloud, banque, système de paiement, outils IA, logiciels. Je commence à migrer progressivement vers des alternatives européennes ou françaises. Ça peut paraître hypocrite venant d’un gars en full Apple — je sais. Mais la souveraineté sur mes outils, c’est important.
Le premier épisode de Regards du Léman avance. Le format me tient à cœur. Ce sera Évian — si Évian ne prend pas feu d’ici là. Tournage prévu fin mai, publication début juin. J’ai contacté la mairie et l’office du tourisme en pensant que le format pourrait les intéresser. Apparemment non, ils s’en foutent.
Sur le plan brico, j’avance sur la structure pour les packshots flat lay. Quelques plans, quelques visites en magasin, une cinquantaine d’euros. À suivre. Quand la formation se terminera en juin, l’idée sera d’avoir un temps partiel et de consacrer le reste à la marque. Lui donner le temps de grandir. Avril était un mois difficile. Peut-être le plus difficile depuis le début. Mais chaque problème identifié est un problème qu’on ne refera pas.
Jérémy
