Février 2026

Février s’installe dans un rythme que je commence à connaître : soutenu, presque trop. Les cours ont repris, les devoirs s’accumulent, l’association continue de demander du temps et, en parallèle, la collection commerciale approche avec tout ce qu’elle implique. J’ai parfois l’impression que tout avance en même temps.

Je prends le temps d’analyser les KPI des réseaux. Les résultats sur Instagram sont encourageants, l’engagement est bon et cela me rassure sur la direction prise. TikTok, en revanche, reste plus fragile. Grâce aux cours en stratégie social media, je décide de revoir entièrement ma stratégie : je corrige, je restructure, je supprime certaines choses pour en tester d’autres. C’est long, parfois fastidieux, mais indispensable si je veux comprendre ce que je fais réellement.

Début février a lieu le shooting sur le bateau. La météo annonçait de la pluie, finalement la journée est lumineuse, presque printanière. Tout avait été préparé en amont et cela se ressent. Les plans s’enchaînent, en photo comme en vidéo. J’avais acheté une caméra secondaire pour filmer les coulisses et commencer à produire des vlogs. À la fin de la journée, je suis épuisé mais satisfait.

Puis vient le temps du montage. Les photos fonctionnent bien, mais la vidéo me demande beaucoup plus d’énergie. Je ne maîtrise pas encore totalement le montage et je perds du temps. Huit heures pour un réel Instagram qui récolte vingt-cinq likes. Douze heures pour un vlog TikTok de cinquante secondes qui en obtient dix. Le résultat est un peu amer. Je comprends que l’effort ne suffit pas ; il faut gagner en précision.

Sur le plan administratif, mon profil est enfin en règle. Pourtant, je passe encore des heures à essayer de comprendre le fonctionnement de certaines plateformes où les informations manquent ou sont mal expliquées. Chaque site a sa logique propre et je dois apprendre à naviguer dedans.

La capsule Fragment touche à sa fin et je dois accélérer sur Barco. Les prototypes sont en ma possession. Je définis les accessoires de shooting à produire, les matières, les coloris. J’avais développé ces accessoires il y a un an pour gagner du temps ; les patrons sont prêts. Après un sourcing rapide et une semaine de travail, ils sont finalisés. Un t-shirt présente cependant un défaut d’assemblage au niveau du col. Je n’aurai pas le temps de le redévelopper avant le lancement. Il attendra.

Les contenus Fragment continuent de sortir pendant que je prépare progressivement l’univers Barco. Il faut organiser la fin d’une capsule, installer la suivante, présenter les tenues et préparer les précommandes. Le calendrier devient précis. De nouveaux formats de contenu voient le jour. J’espère qu’ils trouveront leur place.

Les premières ventes approchent. Trois années de travail vont bientôt se confronter au réel. Je n’essaie pas de me projeter trop loin. J’avance.

Côté packaging, une mauvaise nouvelle tombe : mon fournisseur de carton ne produit plus la référence que j’utilisais. Je dois trouver une alternative rapidement. Je commande les papiers de soie et la boîte à vêtement, d’abord en échantillon. La facture finale dépassera les quatre chiffres ; l’erreur n’est pas permise. À la réception, je suis soulagé. La boîte est belle, les finitions sont propres. Mélanie, ma graphiste, repère une erreur sur les dimensions des hangtags et de la carte de remerciement. On corrige à temps.

Un lieu prestigieux de la région me répond enfin concernant une demande de shooting envoyée plusieurs mois plus tôt. Le rendez-vous avec la direction se passe bien. Le contenu réalisé sur le bateau joue en ma faveur. Ils sont ouverts à l’idée d’un projet. Cela laisse entrevoir des possibilités.

Je suis également contacté par un grand journal mode pour une parution payante dans l’édition physique. Ne connaissant pas bien le fonctionnement de la presse, je demande conseil autour de moi : à l’école, à des professionnels, à des contacts de confiance. Le budget est trop élevé à mon échelle et les retombées seraient principalement en notoriété. Je décline. Ce n’est pas le moment.

Je prépare les prochains shootings pour la collection commerciale. Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’image. Il faut vendre. Je passe des heures à analyser les sites de marques de mon secteur, à observer leurs cadrages, leurs mises en scène, leurs choix de lumière. Je prends des notes et je construis mon book de shooting.

Le site web bascule progressivement vers une version marchande. Mentions légales, CGV, CGU, médiateur, politique de confidentialité, pages produit et précommande. Le juridique me met face à mes limites. Les compétences ne s’inventent pas et l’erreur peut coûter cher.

Les journées sont intenses et parfois lourdes. Pourtant, je remarque quelque chose d’important : beaucoup de personnes répondent présentes lorsque j’ai besoin d’aide. Ce soutien compte.

Le lancement approche désormais concrètement. Je sens que le projet s’apprête à franchir un cap.

Jérémy