Novembre 2025

Le mois commence mal. Refus du prêt bancaire. Malgré un grand nombre de banques contactées, certaines n’ont même pas répondu. D’autres ont simplement dit non, déguisé en « allez voir ailleurs ». Mon seul rendez-vous s’est soldé par une proposition de crédit plus insultante qu’autre chose.
La conséquence est immédiate : impossible de créer la société comme prévu. Je dois basculer sur une micro-entreprise. Tout le projet avait été pensé autour d’une SARL, je dois donc tout revoir. Pas de crédit signifie aussi pas de prêt d’honneur, moins de pièces produites, moins de marge de manœuvre.
Je dois annoncer à l’atelier que la fabrication se fera de manière séquentielle. J’attends leur réponse avec une vraie appréhension. Le moral est clairement en berne. Plusieurs milliers d’euros seront perdus dans l’histoire.

Malgré tout, je prépare mon tout premier shooting intérieur, dans une pièce louée pour une courte durée. Trois voyages seront nécessaires avec la Mini Cooper pour transporter tout le matériel. Seul, ça a été éprouvant.
Fond 3M qui dépasse de partout, pieds lumière, accessoires, table à repasser, vêtements… tout y passe. Je me dis qu’en cas de réussite du projet, un utilitaire type Partner ou Kangoo sera un achat immédiat.
Le shooting se passe bien, malgré des conditions difficiles. Pas de chauffage, à peine dix degrés dans la pièce. En statique, le froid pique vraiment. Impossible de tourner de la vidéo : manque de place, manque de lumière, et un matériel qui ne me permet pas d’éclairer correctement ce type de contenu.
Un shooting packshot, uniquement produit, s’enchaîne pour enrichir la matière destinée aux réseaux. Il faut revenir dans la pièce et tout réinstaller. J’apprends énormément sur l’organisation à ce moment-là.
Quand je vois les gros professionnels, ils sont une dizaine à gérer un shooting, même en coulisses. De mon côté, je suis seul avec mon modèle. On fait de notre mieux.

En parallèle, je démarre les formalités pour déposer la micro-entreprise. C’est finalement assez simple. Quoi qu’on dise de l’URSSAF, le parcours est plutôt bien préparé.
J’annonce la situation à mes partenaires. L’accueil est positif. Ils comprennent, restent disponibles et ouverts pour un éventuel retour le jour où je pourrai relancer le projet sous une autre structure. Je suis déçu, mais j’espère sincèrement pouvoir reprendre le travail là où je l’avais arrêté avec eux.
La communication sur les réseaux fonctionne correctement. J’apprends beaucoup. Il y a de gros ratés, mais aussi de vraies réussites. Je reprends ma manière de communiquer pour tester d’autres formats, d’autres approches.
Je teste aussi des photos en lumière continue à la maison. Un schéma simple, volontairement minimal, que je voulais maîtriser correctement.
Côté création, la capsule Fragment avance. Les tenues Carré et Triangle sont terminées. Une nouvelle idée apparaît : un blouson ou une veste intégrant des losanges, comme symboles du souvenir et de la mémoire, dans la continuité des formes précédentes.
Je commence à tracer la veste et à travailler un pattern de losanges assemblés un par un. Le potentiel est là.
Enfin, l’idée des clipping masks pour Fragment prend forme. C’est long à réaliser, mais le résultat est fort et cohérent avec l’univers du projet.
Jérémy
