Octobre 2025

Octobre a été un mois étrange. Un mois où j’ai beaucoup bougé, beaucoup attendu, et parfois douté sans vraiment savoir pourquoi. J’avais l’impression d’avancer par à-coups, entre moments très concrets et zones totalement floues.
Ce mois-ci, j’ai passé beaucoup de temps à marcher. À chercher des lieux. Je fais des détours, je reviens sur mes pas, je regarde les espaces autrement. Je cherche un endroit qui raconte quelque chose, sans trop en dire. Un lieu juste.
C’est comme ça que je suis tombé sur un complexe aquatique municipal. L’endroit m’a surpris. Je contacte la mairie, sans trop y croire. La réponse est rapide, claire, favorable. Ça paraît anodin, mais à ce moment-là, ça m’a fait un bien fou. Une petite victoire silencieuse.

En parallèle, la couture a continué. J’ai assemblé plusieurs pièces : pantalons, hauts, prototypes. Globalement, ça avance bien. Jusqu’au moment où ça ne va plus.
En travaillant sur un patron modélisé en 3D, j’écrase une sauvegarde sans m’en rendre compte. J’imprime une mauvaise version. Je m’en aperçois à l’essayage. Trop tard. Deux jours de travail à jeter, et un pantalon à refaire entièrement.
Je décide alors de revenir à quelque chose de plus instinctif. J’achète de grandes feuilles, je trace tout à la main, à l’ancienne. J’avais besoin de ça. Mais même là, le réel me rattrape. Ma machine à boutonnière s’emballe et détruit un pantalon. Coup dur. Il y a des moments où on encaisse, sans chercher à comprendre.
La question de l’espace devient de plus en plus présente. Des personnes de confiance m’avaient proposé un lieu pour shooter. J’attends. J’y crois. Puis elles se désistent. Presque vingt jours perdus. Une vraie claque.
Je commence à imaginer autre chose. Un espace plus libre, plus temporaire. Et puis, contre toute attente, une solution apparaît. Une petite pièce, disponible quelques jours entre deux travaux. Rien de parfait, mais suffisant. De toute façon, il n’y a pas de studio professionnel à moins d’une heure trente de route d’ici.
J’apprends à faire avec ce que j’ai.

Les shootings reprennent. Au complexe aquatique, avec mon modèle, on apprend à travailler ensemble. On met de la musique. On teste. On recommence. L’ambiance est bonne. Les images commencent à ressembler à ce que j’avais en tête.
Dans un parc au bord du lac, je marche près de deux kilomètres avant de trouver le bon spot pour la tenue carré bleu et blanc. Il fait beau. La lumière est juste. Ce jour-là, tout est simple.
Je prends aussi contact avec une compagnie maritime pour envisager un shooting sur un bateau. L’échange est étonnamment fluide. Je réalise que certaines portes s’ouvrent plus facilement que prévu, pendant que d’autres restent obstinément fermées.
Côté structure, mon dossier de financement est toujours bloqué. On me parle de formation, de légitimité, de cadres à cocher. Le syndrome de l’imposteur n’est jamais loin.
Heureusement, les organismes locaux d’accompagnement sont d’un vrai soutien. Je passe du temps à chercher des formations. Beaucoup sont creuses. D’autres un peu moins. Je finis par candidater à une formation de community manager, avec un diplôme à la clé.
Refus. Mon profil ne correspond pas.
Je décide d’insister. Je contacte la direction, j’explique mon parcours. Et finalement, je suis accepté. Dans quelques mois, je retournerai à l’école, en visio, pour six mois. Dix ans après l’avoir quittée.
En attendant le site web, je mets en place un Linktree. Rien de spectaculaire, mais une brique de plus.
Et puis il y a cette attente qui ne me quitte pas. Les banques ne répondent pas. Malgré les relances. Le silence est pesant. Si les réponses sont négatives, je ne sais pas encore comment je ferai.
Octobre n’a pas apporté de certitudes. Mais il a posé des bases. Des choix. Des directions. La suite dépendra de décisions qui ne m’appartiennent pas totalement.
Jérémy
