Le sprint est terminé. Ce qui commence maintenant est plus long, plus lent, et probablement plus important.

Océane & Andgel lors du shooting au bord du lac Léman
Déléguer, enfin.
Premier shooting de la collection avec Océane à la photographie et Andgel, le modèle, pour la première fois que je déléguais vraiment la partie photo.
C’est une chose de le décider, c’en est une autre de le vivre. Me retrouver simple spectateur d’un shooting — suivre le déroulé, faire les coulisses, observer — m’a montré à quel point je portais tout tout seul depuis le début. Pas de retouches à faire non plus. Plusieurs heures de travail économisées.
On a enchaîné avec une session studio dans le local d’une photographe pour les photos du site. D’habitude : une journée d’installation dans une pièce vide, beaucoup de contraintes, peu de résultats. Là : dix minutes de café, quarante minutes de shoot, on repart. Payer ce studio était un investissement. Et le temps, quand on travaille seul, est ce qu’on a de plus précieux.

Le domaine de rovorée, un petit coin de paradis
La course en sabots de bois.
La production accuse presque un mois de retard. Matériel cassé, aléas humains — rien d’exceptionnel dans le monde du travail, j’apprends à le lire ainsi. On échange, on trouve des solutions, j’adapte le planning. Ce que je retiens : je n’avais pas pris assez de marge de mon côté. La prochaine fois, le rétroplannnig intégrera un mois d’avance minimum, quoi qu’il arrive.
En parallèle, les outils s’accumulent. Emailing, IA générative, assurance, stockage cloud, suite créative, nom de domaine, banque. On dit souvent que lancer une micro-entreprise ne coûte rien. C’est faux — du moins dans le e-commerce. Certains outils freemium suffisent au départ et c’est une vraie chance. Mais d’autres sont structurellement inaccessibles aux petites structures — un outil de ciblage d’influenceurs à plusieurs centaines d’euros par mois, c’est évident pour une grande marque, impossible pour moi aujourd’hui. Là où eux cliquent sur un bouton, je passe des heures à chercher à la main. Je vois ça différemment maintenant : le jour où j’investirai dans ce genre d’outil, ce sera parce que la marque aura suffisamment grandi pour le justifier. Un indicateur d’évolution, pas une contrainte.

Essais sur tissu pour un vêtement d’image
Ce qui compte vraiment
Mai m’a aussi redonné accès à ce pour quoi j’ai commencé : créer. Dessiner, sourcer des tissus, construire des patrons. Je travaille sur deux tenues d’image, dont l’une baptisée 309 — un projet artistique ambitieux que j’ai hâte de montrer quand il sera abouti.
J’ai aussi intégré la génération d’images via IA dans ma façon de travailler — pour des plans sans humain, des décors, des infrastructures. J’avais besoin d’un plan de plage pour un futur contenu vidéo. Le choix était simple : passer une journée à faire le tour des plages avec l’appareil et l’essence à 2€ le litre, ou générer le plan en dix secondes. Ça reste un outil d’appoint — les professionnels restent mon choix pour tout ce qui touche au shooting mode. Mais à petite échelle, l’IA permet de travailler seul comme si on était une équipe.
Sur les réseaux, j’ai testé un format un peu plus engagé — ce que j’appelle le contenu réquisitoire. Pointer du doigt, prendre position. C’est pas vraiment dans mon tempérament. Mais force est de constater que ça fonctionne. Alors j’en fais, sans renier ce que je pense. Moins par conviction militante que par lucidité sur ce que demandent les algorithmes.
La communication par mail prend forme aussi. Je veux construire quelque chose d’utile pour ceux qui le reçoivent — pas une newsletter à base de moi, ma marque, promo, nouveau produit. Moins de bruit, plus de sens.
Avril avait été le mois le plus dur. Le lancement de la collection s’était soldé par zéro vente — site trop flou, système de précommande trop incertain. J’ai regardé les chiffres en face et repris le site à zéro.
J’étais à Lyon pour récupérer la prod. Malheureusement des imperfections se sont glissées dans la fabrication. C’est en scrutant les pièces une par une que je m’en suis aperçu — tout repart en correction. Je ne sortirai pas des pièces bâclées qui décevront à coup sûr mes clients. C’est frustrant, c’est long, mais c’est non négociable.
Mai a été le mois de la reconstruction. Juin arrive avec le stock, la campagne, et de nouveaux formats sur les réseaux sociaux. Cette fois c’est différent.
jérémy
